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Un Morceau d'Esprit

art, critique, respect


Pourquoi faut-il connaître... La Reine Mère de Ghislaine Constance Lagier

Publié par C. sur 11 Novembre 2012, 14:22pm

Catégories : #Diptyque de Melun, #Jean Fouquet, #La Reine Mère, #Ghislaine Constance Lagier, #art, #Le Portrait dans l'art contemporain, #La Vierge à l'Enfant, #contemporain, #comparaison entre deux oeuvres

La Reine Mère de Ghislaine Constance Lagier, mixte acrylique sur carton plume 2005. Source : Le Portrait dans l'art contemporain, Francis Parent et coll.

Je voulais vous parler de la Vierge à l'Enfant dans le diptyque de Melun de Jean Foucet (v. 1450-1460). Puis en regardant un petit peu ce qu'il y avait dessus sur internet, j'ai rapidement réalisé que vous n'aviez pas besoin de moi pour connaître cette oeuvre. Et puis, je suis tombée sur la Reine Mère de Ghislaine Constance Lagier et cela m'a décidé.

Les deux oeuvres sont évidement très différentes par le style, le contexte et la réalisation. Cependant, il est évident que Mme Lagier n'est pas indifférente à l'oeuvre de Jean Fouquet. Ce qui m'intéresse le plus dans cette oeuvre c'est ce que Mme Lagier a décidé de garder. Elle a gardé la Vierge dans toute sa plendeur (et même plus encore). Elle a conservé la paleur de sa peau et la disproportion de ses seins ce qui est à la fois amusant et je dois dire pertinent. Elle a également choisi de conserver la forme ronde de ces seins, forme omniprésente dans l'oeuvre de Jean Fouquet. Elle a donc gardé l'essence de l'oeuvre.

Pourtant elle ajoute sa touche personnelle dans son choix de... laïciser la Vierge : elle devient une reine splendide, l'enfant Jésus disparaît tout comme les anges, ce qui la rend autonome de toute la lithurgie religieuse. Cependant, par ce biais, elle la sacralise d'autant plus.

En effet pour ceux qui n'ignorent pas la référence, on peut le comprendre comme une sacralisation de la Reine Mère (qui est sur un fond qui rappelle le fond doré byzantin réservé aux oeuvres religieuses) qui est en réalité la Vierge. Donc un retour au sacré mais par le seul biais de la peinture et la composition et non plus en réalisant une oeuvre religieuse. C'est une forme de boucle qu'on ne peut deviner qu'avec "l'hypo-oeuvre" qui part du sacré vers le laïc pour revenir au sacré. On peut donc y voir un attachement à la Vierge et non pas à Jésus qui a disparu de la composition.

Mais on peut également lire dans cette sacralisation la magnification du rôle de la mère, et donc de la femme mûre, qui est à l'égale de Vierge, aussi méritante que la Vierge et aussi riche qu'une reine, riche de son rôle et riche de ce qu'elle a accompli. La couronne qui seint la tête de la Reine Mère est celle de toutes les Mères qui voient leurs enfants s'épanouir et commencer leur vie d'adulte.

La Vierge à l'Enfant, diptyque de Melun, Jean Fouquet (en premier) La Reine Mère, Ghislaine Constance Lagier (en deuxième)
La Vierge à l'Enfant, diptyque de Melun, Jean Fouquet (en premier) La Reine Mère, Ghislaine Constance Lagier (en deuxième)

La Vierge à l'Enfant, diptyque de Melun, Jean Fouquet (en premier) La Reine Mère, Ghislaine Constance Lagier (en deuxième)

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